« La vie passe, rapide caravane ! Arrête ta monture et cherche à être heureux.
Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie. »
Omar Kayyam.
Samarcande, enfin j’y suis.
Un nom qui, à lui seul, résonne comme un lointain mirage. Samarcande… Une cité mythique, perdue aux confins de l’Asie centrale, là où, depuis des siècles, se croisent les routes, les peuples et les civilisations.
Je l’ai découverte il y a longtemps à travers Amin Maalouf et son livre Samarkand. À travers son récit, j’ai surtout rencontré Omar Khayyam, poète et mathématicien fasciné par l'astronomie,savant et libre penseur, dont les mots et la personnalité m’avaient aussi donné envie de découvrir l´Iran.
Ma première impression est assez déroutante. Je m’attendais à découvrir une vieille cité d’Asie centrale, avec ses ruelles, ses bazars et ses maisons en pisé. Mais Samarcande est beaucoup plus vaste, plus moderne et plus aérée que je ne l’imaginais. De grandes avenues traversent la ville, bordées d’arbres et de bâtiments modernes. Et puis, au détour d’une rue, surgissent soudain les coupoles turquoise et les façades couvertes de mosaïques. Comme si plusieurs époques cohabitaient dans la même ville.
Sur la Route de la Soie, Samarcande fut pendant des siècles un immense carrefour où se croisaient marchands, voyageurs et cultures venues de Chine, d’Inde, de Perse et d’ailleurs.
Certaines villes ont ce pouvoir étrange de vous saisir dès le premier regard. Florence, Ispahan, Rome, Séville… Des villes où peut vous frapper ce fameux « syndrome du voyageur ».
Amir Temur ou Tamerlan
Après les merveilles de Khiva et de Boukhara, je pensais avoir placé la barre très haut. Et pourtant, je ne m’attendais pas à ce que Samarcande puisse me bluffer à ce point.
Il suffit parfois de quelques minutes devant le Régistan pour comprendre. Les trois immenses médersas, leurs mosaïques bleues, leurs formes parfaitement géométriques… Tout paraît presque irréel. Je reste un moment à regarder les détails des façades, en me demandant comment des artisans ont pu réaliser, il y a plus de six siècles, des décors d’une telle précision.
La ville n’est pas un décor figé. Elle vit, tout simplement, au milieu de ces monuments qui semblent appartenir à un autre monde.
Bien sûr, impossible de parler de Samarcande sans évoquer Tamerlan. C’est sous son règne que la ville connaît son âge d’or. Il veut en faire une capitale à la hauteur de son immense empire et fait venir architectes, artisans et artistes de tout son territoire.
Quelques siècles plus tard, ses ambitions sont encore visibles partout.
Gour Emir : le mausolée de Tamerlan (Amir Temur) Il abrite notamment sa tombe, ainsi que celles de plusieurs membres de sa famille, dont ses petits-fils Ulugh Beg et Muhammad Sultan.
Le registan avec ses trois medresas était le cœur de samarcande.
Mosquée de Bibi khanom: épouse de Tamerlan
Nécropole de Sha-I-Zinda: ensemble funéraire et religieux